En vrac...·Mes humeurs

Et voilà pourquoi…

Je reviens enfin, après quasiment trois mois d’absence autant sur le blog que sur les réseaux sociaux, bon j’ai fait quelques post Facebook et Instagram mais rien de bien mirobolant …

Pourquoi je reviens si tard ?

En fait la réponse est simple, parce qu’avant aujourd’hui je ne pouvais pas … Parce que j’avais honte…

Je ne pouvais pas non pas à cause du manque de temps ( quoi que ) mais je ne pouvais pas parce que mon corps et ma tête refusaient…

Pourquoi ? Et bien tout simplement parce que je subis une dépression post-partum ou post-natale, c’est la même chose ..

C’est le truc le plus improbable qui pouvait m’arriver; jamais je n’aurais cru un jour avoir cette « maladie » . Ce mot « dépression » qui m’a toujours fait peur et qui me fait toujours peur . Moi qui suis toujours une personne qui garde la patate et sourit au maximum et bien non, cette fois-ci je suis tombée dans ce piège …

Alors la dépression post-partum c’est quoi ?

Déjà attention hein ce n’est pas un baby blues; les symptômes sont tout de même quasi les mêmes avec beaucoup plus d’intensité dans la dépression. Le truc c’est que le baby blues passe en une dizaine de jours mais que la dépression dure plusieurs semaines voire plusieurs mois …

La dépression post-partum peut provoquer une tristesse très intense mais surtout quasi chronique , une perte d’intérêt pour les tâches du quotidien, une perte de motivation, une très grosse fatigue, un sentiment de non-lien avec son bébé ( ce n’était pas mon cas fort heureusement )

Comment ça s’est passé ? Comment je m’en suis rendue compte ?

Ce n’est pas moi directement qui m’en suis rendue compte; j’entends par là que ce n’est pas moi qui ai posé ces deux mots sur mes maux .

Depuis mon retour à la maison après la naissance de mon fils, je suis devenue spectatrice de ma descente aux enfers …

J’ai commencé par être très fatiguée mais au point d’avoir l’impression de ne pas avoir fermé l’oeil de la nuit alors que j’avais pu dormir quelques heures. Ensuite je n’avais plus du tout envie de mettre le nez dehors, je limitais au maximum mes sorties parce que je ne voulais voir personne, j’étais trop fatiguée, je ne pouvais pas me traîner. Je devais me forcer au maximum pour arriver à me lever pour emmener ma fille en classe . Dans un premier temps j’ai mis ça sur le compte de l’accouchement, il n’avait pas été plus compliqué que pour ma première mais je pensais que peut-être j’avais accumulé trop de fatigue et qu’il me faudrait un peu plus de temps pour m’en remettre.

Ensuite ça a été au tour de mon moral, je broyais du noir, je voyais le négatif partout alors qu’en temps normal j’essaie de voir au maximum la vie du bon côté . Je pleurais par crises sans trop savoir  pourquoi, ça m’arrivait n’importe quand et à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit … Une fois de plus j’ai mis ça sur le fait d’être fatiguée et de ne pas avoir pris le temps de me reposer assez à la fin de ma grossesse.

Puis j’avais l’impression de ne plus arriver à rien faire, je me sentais complètement débordée pour un rien, j’avais l’impression de crouler sous les tâches ménagères, les papiers, l’éducation et le soin des enfants… Mais vraiment j’avais un sentiment d’oppression , je pensais que je ne m’en sortirais jamais et que je  n’arriverais pas à reprendre mes repères . Une fois n’est pas coutume cette fois-ci je mettais ça sur le compte du deuxième enfant , qu’il fallait certainement plus de temps pour arriver à trouver un rythme, et que l’organisation que j’avais choisie n’était pas forcément la bonne .

J’ai aussi recommencé à avoir des troubles alimentaires , des crises de boulimies que j’avais étant ado … J’avalais tout ce que je pouvais trouver sans jamais m’arrêter…

Aujourd’hui en écrivant tout ça je me demande comment j’ai fait pour ne pas voir qu’il y avait un vrai problème.

Mon entourage n’a rien vu . Dans mon malheur j’ai la chance d’avoir une famille qui habite loin et que je vois malheureusement trop peu souvent … Par téléphone ou encore sur les messages soit j’esquivais  la question du traditionnel « ça va ? » soit je répondais simplement « oui ça va » en enchaînant sur autre chose pour ne pas m’attarder sur le sujet .

Pareil quand on allait chez des amis ( oui parfois je sortais avec grande difficulté mais je sortais quand même ), je disais juste « ça va » et j’enchaînais sur des sujets qui ne me concernaient pas tout ça en faisant la fille heureuse qui a bonne mine !

Résultat même l’homme n’a rien vu . La journée il était au boulot, le soir devant sa console , j’esquivais le « ça va » et terminé . Je pleurais dans les endroits où il ne me voyait pas , la douche ou encore dans mon lit… De même le maquillage marche très bien quand on ne dort plus la nuit ! J’ai même eu droit à un « t’as bonne mine »… Mission réussie .

Sont venues ensuite les visites obligatoires post-partum … Et les examens qui vont avec ! Et là je n’ai plus pu mentir ! La tension basse ne ment pas , la mine blafarde non plus, et là tout est sorti ! J’ai expliqué tout ce qui n’allait pas, tout ce qui faisait que je ne me sentais pas bien, que je n’y arrivais plus . Mon sentiment d’impuissance … Mon sentiment de ne plus y arriver… Mon sentiment d’être une mauvais mère !

J’ai expliqué le fait que je garde ça pour moi depuis quelques semaines déjà, que personne n’est au courant et que personne ne doit l’être car je ne veux pas que les gens s’en fassent pour moi .

Dans un premier temps on ne m’a pas du tout parlé de dépression, certainement pour ne pas m’affoler , m’inquiéter plus que de raison…

J’ai vu mon médecin traitant qui est une personne en qui j’ai totalement confiance et avec laquelle je peux parler librement et ouvertement . Elle m’a donné des conseils, des petits trucs à suivre… M’a conseillée d’aller voir un psy, parce qu’apparemment parler ça fait du bien… Je ne suis pas de cet avis …Et je n’y ai pas été .

Et puis j’ai aussi eu la chance d’avoir une très bonne sage-femme, très à l’écoute, qui a pris le temps de me comprendre, de comprendre ma façon d’être et de faire, qui m’a également donné des conseils, qui m’a rassurée en m’expliquant que ce n’était pas de ma faute que la vie est faite comme ça; qu’il n’y avait aucune raison pour que je n’arrive pas à m’en sortir …

Alors je sais que pour toutes les personnes qui n’ont jamais vécu ça , ça peut paraître un peu exagéré mais je vous assure que vous vivez avec l’impression d’avoir le poids du monde sur vos épaules !

Sur les conseils de mes spécialistes, j’ai réussi à en parler avec mon compagnon; je ne l’avais pas fait avant parce que c’est le genre de mec qui ne prend pas vraiment ça au sérieux, je ne sais pas comment l’expliquer mais c’est un peu de la bêtise, tant que ce n’est pas réel, qu’il n’y a pas de trace physique … ça n’existe pas ! Etrangement il ne m’a rien dit même si je suis certaine qu’il n’en pense pas moins … Mais il a quand même fait des efforts pour me soulager au niveau des enfants et des tâches ménagères.

Aujourd’hui ça fait plusieurs semaines que ce mal est en moi, que je le vois évoluer sans pour autant pouvoir encore totalement le combattre … Parce que oui ça prend du temps . Non je ne suis toujours pas guérie, effectivement des choses se sont améliorées… Je me sens beaucoup moins débordée au niveau du ménage, j’arrive à gérer les enfants et à leur donner un rythme bon pour eux … Par contre je suis toujours autant à fleur de peau, je pleure encore beaucoup par crises dans mon lit le soir pour que personne ne me voit ! J’ai toujours ce sentiment d’être une mauvaise maman et de ne pas faire mon maximum pour eux… Parce que je veux leur bonheur et leur épanouissement… J’ai toujours mon problème de crises au niveau de mon alimentation …

Mais si on prend mon état en général je vais mieux… Je me suis remise à la relaxation, au yoga et ça fait du bien à la tête et au corps . J’essaie de passer le plus de temps possible avec mes enfants parce que ça me rend heureuse et ça me fait oublier les à côté… Je reprends dans quelques jours le chemin du travail et je pense que ça va aussi me faire du bien de penser à autre chose même si ça risque d’être très difficile.

C’est bizarre mais j’ai honte de ce qui m’arrive. Pourquoi? Je ne sais pas vraiment…

Mais aujourd’hui il fallait que je vous en parle . Parce que vous qui me suivez vous devez savoir… Parce que je ne suis peut-être pas seule ici dans ce cas … Parce que le meilleur conseil que je pourrais vous donner c’est d’en parler à quelqu’un de confiance … Parce que si jamais ça vous est arrivé ou ça vous arrive en ce moment on pourrait en discuter …s’entraider…

En tous les cas je sais que ce n’est pas encore terminé et que j’ai encore beaucoup de choses à réaliser et un petit chemin à parcourir avant de retrouver la Amélie d’avant … Mais je m’accroche et le sourire revient petit à petit…

Chaque chose en son temps…

 

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